Malgré le contexte exceptionnel de l’année 2020, des femmes leaders d’Haïti, d’Afrique et du Québec ont eu l’occasion de prendre la parole et de partager leurs réflexions lors de la tenue de deux panels virtuels.
Au cours de la dernière année, nous avons cherché à donner régulièrement la parole aux femmes impliquées en agroalimentaire afin d’identifier les défis supplémentaires auxquels elles ont été confrontées en raison de la crise sanitaire et afin de leur permettre d’échanger à ce sujet.
À l’échelle mondiale, l’insécurité alimentaire est un phénomène connu et documenté. Pourtant, on peine toujours à éliminer ce fléau. Or, sur le terrain, de plus en plus d’intervenants croient que la solution se trouve dans l’économie circulaire. De nombreux projets respectant ce mode de développement en font foi, dont celui mené en Haïti par UPA DI et ses partenaires.
Lancé en 2016, le projet d’économie circulaire a permis à des femmes de Rivière Froide et de Labrousse de mettre sur pied des cuisines collectives et de fournir des repas nutritifs aux cantines scolaires de leur village. L’utilisation des produits agricoles locaux est à la base de cette recette qui permet aux communautés de prendre leur destinée en main :
En cette année de pandémie, de mai à août 2020, 692 trousses alimentaires familiales (pour 4 personnes), soit l’équivalent de 41 500 repas, ont été distribuées à des familles.
Forte de l’expertise acquise en Haïti, UPA DI souhaite lancer des initiatives semblables en Afrique. C’est la raison pour laquelle elle a, au début de l’année, jeté les bases d’une vaste campagne de sensibilisation et de collecte de fonds qui s’échelonnera sur plusieurs années. L’objectif est de taille : recueillir 1,5 M$ afin, d’une part, de poursuivre et de bonifier le projet en Haïti, et, d’autre part, de lancer des projets semblables au Bénin et au Sénégal. De 2022 à 2024, UPA DI souhaite :
1. Les cassaves sont des galettes issues de la transformation du manioc. Proposé par les femmes de Labrousse, ce projet assurera la production de barres énergétiques pour combler les besoins nutritionnels des enfants.
Unies par plus de sept années de partage et de collaboration, l’Union des groupements coopératifs des agriculteurs Mowossokpo (UGAM) et UPA DI poursuivent leur partenariat.
Difficile d’imaginer pire que ce qu’ont vécu les 11 millions d’Haïtiens cette année. Malgré tous ces événements qui ont bouleversé encore davantage le quotidien des communautés, UPA DI a poursuivi la « co-construction » des projets d’économie circulaire que sont les cuisines collectives établies à Labrousse et à Rivière Froide. En incluant la participation du Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 28 000 repas ont été offerts en date du 1er juin 2021.
Des représentantes clés du Bénin, du Burkina Faso, d’Haïti, du Sénégal et du Québec se sont exprimées sur les enjeux auxquels elles sont confrontées dans le domaine agroalimentaire. Elles ont parlé de leur parcours en tant que leaders agricoles et ont discuté des défis rencontrés jusqu’à maintenant, notamment au cours des mois de pandémie. Elles ont offert des témoignages forts et inspirants de leur engagement au sein des organisations agricoles et de leur dévouement en agriculture, en politique, en développement social et en affaires.
Pour Sandrine Dury, spécialiste invitée au panel « Les héroïnes de l’alimentation », les femmes tiennent debout les systèmes alimentaires! Il faut que les femmes qui s’impliquent servent de modèles à d’autres ici et ailleurs dans le monde.
Pour Awa Sawadogo, l’une des participantes du panel organisé le 8 mars, « Se priver de donner du pouvoir aux agricultrices, c’est compromettre le développement économique du pays. »
Malgré ces défis, plusieurs des intervenantes ont aussi mentionné que la crise sanitaire a entraîné un engouement pour la consommation locale, autant au Bénin, au Sénégal qu’au Québec, créant ainsi une occasion favorable au développement des activités économiques des femmes.
Grâce à l’appui financier d’Agricord, les interventions des derniers mois ont permis notamment de consolider les services collectifs offerts aux groupements membres de l’UGAM et d’accroître son expertise en matière d’adaptation aux changements climatiques. La COVID-19 aura évidemment complexifié les échanges et les interactions humaines requises à des fins de sensibilisation, de formation et de partage de connaissance. Toutefois, le Plan de soutien aux organismes de coopération internationale du ministère des Relations internationales et de la Francophonie nous a permis d’adapter les activités au contexte pandémique.
Cette année, la production de riz s’est ajoutée aux activités couvertes par le Système collectif de mise en marché (SCMM) de l’UGAM, lequel repose sur l’attribution de crédits d’intrants aux producteurs et productrices et sur le regroupement des récoltes à des fins de commercialisation groupée. Cette production, mieux adaptée aux changements climatiques, mobilise déjà bon nombre de productrices. La transformation du manioc pour la production de gari sera elle aussi intégrée sous peu aux SCMM. À cet égard, des activités d’échanges, des séances de formations sur la transformation et une étude de marché ont été réalisées en collaboration avec des associations affiliées à l’Union des coopératives de femmes agricultrices et transformatrices (UCoFAT), organisation membre de l’UGAM et responsable de la production du gari!
Au cours de la dernière année, des coopérants volontaires du Bénin et du Québec ont offert, à distance, du mentorat afin d’optimiser la gestion du SCMM. Cet accompagnement aura contribué au maintien des champs-écoles paysans opérés par l’UGAM, à la poursuite des interventions visant l’adaptation des pratiques agricoles aux changements climatiques et à l’élargissement du SCMM à d’autres secteurs d’activité.
| Écoles | UPA DI | PAM | TOTAL |
| Notre-Dame de Rivière-Froide | 5 434 | 3 116 | |
| EFA | 10 351 | ||
| Bon Samaritain | 5 978 | ||
| École Mixte Évangélique de Doriole | 3528 | ||
| Total | 25 291 | 3 116 | 28 407 |
Trois cuisines collectives ont approvisionné ces cantines. Au total, environ une trentaine de femmes y travaillent.
De plus, dans les communes de Baptiste et de Torbeck, un recrutement d’animatrices et de formatrices a été complété. La préparation et la mise en œuvre de nouvelles cuisines collectives dans ces régions devraient permettre d’offrir des cantines scolaires dès septembre 2021.
Cette année, un plan d’affaires a été produit pour consolider le projet de centre de transformation à Labrousse visant la production de biscuits énergétiques. Le rapprochement, du marché public de ce centre afin de créer une dynamique favorable à la cuisine collective de Femmes Étincelles, est aussi envisagé.
Un programme d’envoi de volontaires pour assister des femmes plus vulnérables en leur offrant un kit alimentaire est également en préparation. Dans le contexte de la COVID, ce programme permettra de mettre à contribution des coopérants nationaux et des coopérants volontaires canadiens qui appuieront à distance les activités terrain.