Pour une autonomie sans fin

Aider ceux et celles qui prendront le relais

Nos projets visant l’adoption des politiques agricoles capables d’assurer la protection des fermes familiales et l’établissement des jeunes

En mai dernier la Coalition pour l’exception agricole et alimentaire organisait, en collaboration avec UPA DI, le Dialogue Nourrir l’humanité durablement. Cet événement s’inscrivait dans la préparation du Sommet mondial sur les systèmes alimentaires orchestré par l’Organisation des Nations unies. À cette occasion, les participants ont défini six grandes pistes d’action permettant de tendre vers un système alimentaire plus durable :

1

Sensibiliser la population, et surtout les jeunes, à l’importance de l’agriculture et des choix individuels de chacun en matière de consommation;

2

Valoriser le métier d’agriculteur et son rôle au sein de la société ainsi que la place de l’alimentation, et attirer la relève;

3

Assurer la préservation des terres agricoles et favoriser l’accès à ces terres aux agriculteurs de la relève;

4

Renforcer la durabilité des pratiques agricoles;

5

Décentraliser et territorialiser le système alimentaire;

6

Promouvoir et favoriser l’importance de l’accès à la nourriture.

UPA DI fait bouger les choses sur le terrain, et fait avancer des idées sur toutes les tribunes

L’implication d’UPA DI en tant que membre actif de la Coalition pour l’exception agricole et alimentaire est un bel exemple de notre engagement à faire progresser des idées vers des systèmes alimentaires plus durables, équitables et inclusifs.

Un premier Forum national sur la relève au Bénin

En août 2020, la Plateforme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles (PNOPPA) a organisé le premier Forum sur la relève agricole au Bénin. L’évènement réunissait des représentants des jeunes ruraux du Bénin, en présentiel, ainsi que des représentants de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) et d’UPA DI de manière virtuelle.

Aider les jeunes à bâtir l’avenir

La poussée démographique en Afrique subsaharienne soulève de façon urgente la question de l’avenir des jeunes, notamment dans le secteur agricole. Dans cette région du globe, les citoyens âgés de 15 à 19 ans sont significativement plus nombreux que leurs prédécesseurs.

La ferme familiale : l’avenir de l’autonomie alimentaire

Dans le cadre du 96e Congrès de l’Union des producteurs agricoles tenu en décembre dernier, UPA DI a présenté un webinaire sur le thème de l’autonomie alimentaire et de la coopération internationale. Au cours de ces échanges, des participants et participantes du Bénin, du Sénégal et du Canada ont d’abord traité des impacts de la pandémie de la COVID-19, notamment sur l’approvisionnement des denrées dans leur pays respectif. Ils ont aussi parlé d’avenir : de l’après-COVID, de l’autonomie alimentaire et du rôle de la ferme familiale et de la coopération internationale sur l’échiquier agricole.

©Samuel Turpin |Media Active for Change

La coalition pour l'exception agricole et alimentaire

Créée en 2008, la Coalition défend le principe selon lequel l’alimentation, tout comme les biens agricoles et alimentaires, ne doit pas uniquement être gérée par des impératifs commerciaux; les États doivent avoir la capacité de déterminer leur niveau d’autonomie alimentaire sans risque de représailles commerciales. Pour donner plus de force à cette idée, la Coalition travaille activement à la promotion, et éventuellement à l’adoption, d’un instrument juridique international proposé par la Chaire de recherche en droit sur la diversité et la sécurité alimentaires de l’Université Laval.

La participation d’UPA DI à la Coalition pour l’exception agricole et alimentaire représente une occasion unique d’impliquer les OPA partenaires dans des discussions et des réflexions sur des enjeux mondiaux. L’engagement d’UPA DI au sein de groupes tel la Coalition, enrichit sa capacité d’influence. Mais, il permet surtout de porter des idées structurantes au bénéfice des personnes et des organisations qu’elle accompagne à travers le monde.

Un premier Forum national sur la relève au Bénin

En août 2020, la Plateforme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles (PNOPPA) a organisé le premier Forum sur la relève agricole au Bénin. L’évènement réunissait des représentants des jeunes ruraux du Bénin, en présentiel, ainsi que des représentants de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) et d’UPA DI de manière virtuelle. L’objectif de cet atelier était d’échanger et de partager des expériences dans le but de déterminer des pistes d’action pour faire face aux enjeux relatifs à la relève agricole, notamment les questions de l’emploi des jeunes ruraux, de l’insertion des jeunes en agriculture et de leur maintien dans la profession. Le problème du chômage et les stratégies pour une relève de qualité ont été abordés. L’historique du mouvement paysan au Bénin et les expériences de jeunes agriculteurs et paysans ayant réussi leur installation ont également été présentés. Au lendemain de ce Forum, le Collège des jeunes agriculteurs de la PNOPPA (CJA-PNOPPA) a tenu son assemblée générale constitutive avec l’appui d’UPA DI.

Consultez la vidéo présentant des entreprises agricoles opérées par des jeunes de même que quelques extraits du Forum et de l’assemblée générale du CJA-PNOPPA produite par la PNOPPA avec l’aide d’UPA DI.

Aider les jeunes à bâtir l’avenir

Ces jeunes femmes et jeunes hommes expriment clairement les enjeux liés à l’agriculture familiale auxquels ils sont confrontés. La multiplicité des crises (climatique, sécuritaire, sanitaire, financière, économique) rend leur futur très incertain et accentue leur inquiétude quant au développement de l’agriculture familiale. En même temps, ces jeunes veulent prendre leur place au sein des exploitations et des organisations professionnelles agricoles, en mettant à profit des perspectives d’échanges plus grandes, un meilleur accès aux informations et à certaines technologies, provenant de partout dans le monde.

Pour soutenir cette relève, UPA DI a multiplié les interventions dans plusieurs organisations partenaires, notamment grâce au projet Réseau Agro-Innov. Ce projet a par exemple permis à des volontaires d’appuyer le collège des jeunes de la Fédération des périmètres autogérés au Sénégal ainsi que les jeunes membres des organisations faîtières béninoises. Bien que la mission prévue au Bénin avec des membres de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) ait été annulée à la dernière minute à cause de la pandémie, les représentants de la FRAQ ont pu appuyer leurs homologues du Bénin par une participation à distance lors d’un séminaire organisé dans le cadre des interventions d’UPA DI.

Le dialogue avec les jeunes, la reconnaissance de ce qu’ils et elles peuvent apporter aux exploitations familiales et aux organisations ainsi que l’inclusion de la relève dans les instances sont certes quelques pistes sur lesquelles UPA DI se penchera encore davantage dans les prochaines années.

La ferme familiale : l’avenir de l’autonomie alimentaire

Animé par Hélène Raymond, ce panel réunissait :

  • Caroline Leclerc, sous-ministre adjoint, Affaires mondiales Canada;
  • Yaram Fall, présidente du Collège des femmes du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux au Sénégal;
  • Hugo Beauregard-Langelier, secrétaire général, UPA DI.

 

De plus, en prévision de cette activité, des interviews avaient été réalisées avec les ministres de l’Agriculture des trois pays représentés soit :

  • Marie-Claude Bibeau, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada;
  • Moussa Baldé, ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural du Sénégal;
  • Gaston Cossi Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche du Bénin.

 

Des extraits de ces entrevues vidéo ont été présentés entre les interventions des panélistes.

Visionnez l’intégrale de cette activité

Ce qu'ils ont dit...

« Je crois en l’importance de développer une agriculture durable laquelle s’appuie sur trois piliers : la croissance économique de nos communautés, la protection de l’environnement et la vitalité de nos régions. Et cette vitalité repose en grande partie sur le maintien de nos fermes familiales et sur la présence d’une relève agricole. »

Marie-Claude Bibeau, Canada.

« La ferme familiale est un acteur majeur de notre agriculture. Si chacune de ces familles était autosuffisante, on pourrait nourrir notre population avec nos produits. Il faut les accompagner en matière d’équipement, mais aussi dans l’acquisition de connaissances pour favoriser une hausse des rendements. »

Moussa Baldé, Sénégal.

« Nos 50 000 exploitations agricoles sont prioritairement des exploitations familiales. On évalue qu’entre 10 et 12 % d’entre elles n’ont pas pu résister au choc de la pandémie. On constate cependant que les fermes familiales sont plus résilientes, plus intégrées et plus diversifiées. Ce qu’il leur faut c’est un accès au crédit et aux agroconseils. »

Gaston Cossi Dossouhoui, Bénin.

« Dans plusieurs pays où UPA DI intervient, l’autonomie alimentaire et le développement durable reposent sur l’implication des femmes. Or les femmes et les filles se retrouvent de façon disproportionnée parmi les plus vulnérables. D’où l’importance d’appuyer l’engagement des femmes dans la production et la transformation des produits agricoles et leur permettre d’avoir des titres de propriété. »

Caroline Leclerc, Canada.

« Les projets d’UPA DI jouent un rôle dans l’autonomie alimentaire : cet appui permet un bon approvisionnement en intrant, le développement de secteurs d’élevage, la diversification de certaines activités génératrices de revenus, l’amélioration des rendements et l’acquisition de nouvelles connaissances. Ce que je souhaite c’est la consolidation de ces acquis et un élargissement des projets à toutes nos fédérations membres. »

Yaram Fall, Sénégal.

« Trois mots me viennent en tête en ce qui a trait à l’avenir de la coopération internationale. 1-L’incertitude : celle avec laquelle il faudra désormais manœuvrer et qui requiert plus de souplesse, de créativité et d’innovation. 2-L’expertise : il faut s’appuyer davantage sur les expertises locales pour accroître l’autonomie alimentaire. 3-L’environnement : oui, s’assurer de protéger les ressources, mais surtout s’adapter aux changements climatiques »

Hugo Beauregard-Langelier, Canada