Le « Tchep bou Dièn », plat national composé de riz et de poisson, est consommé quotidiennement par tous les Sénégalais d’un bout à l’autre du pays. Pourtant, depuis de nombreuses années, la surpêche sur les côtes du Sénégal par les chalutiers, principalement européens et asiatiques, a fait exploser les prix du poisson sur les marchés.
UPA DI et ECOTIERRA mènent actuellement en Haïti un projet en partenariat avec l’Union des coopératives caféières de Baptiste (UCOCAB) qui vise la séquestration du carbone et son stockage à long terme par l’implantation de systèmes agroforestiers sur des terres dégradées. Ces systèmes qui combinent reboisement, implantation de cultures et couvert végétal permettront, à terme, de générer des crédits de carbone pouvant être vendus sur le marché volontaire.
UPA DI et la Chaire de recherche en droit sur la diversité et la sécurité alimentaires (Chaire DDSA) de la Faculté de droit de l’Université Laval collaborent au Bénin depuis quelques années dans le cadre du Projet d’appui à la structuration d’une agriculture familiale rentable, équitable et durable (projet de recherche PASAFRED). Ce projet financé par Affaires mondiales Canada est l’un des premiers du genre à intégrer la discipline du droit. Or, la science juridique devient fort utile, notamment, pour procéder à une analyse constructive et complète de l’environnement juridique et politique, dans le but de déterminer les changements à y apporter pour atteindre les objectifs du PASAFRED.
Afin de pallier une offre alimentaire réduite en poissons frais de qualité, la Fédération des périmètres autogérés a lancé un projet pilote pour produire ses propres poissons dans deux villages situés dans le delta du fleuve Sénégal : Kassack Nord et Kassack Sud. Les projets profitent de l’approvisionnement en eau des canaux d’irrigation reliés au fleuve et les tilapias ont été fournis, au départ, par l’Agence Nationale de l’Aquaculture.
À travers le programme Réseau Agro-Innov, UPA DI a appuyé cette démarche grâce à la participation de deux experts, Lars Hansen, ancien fonctionnaire du ministère de l’Agriculture et enseignant durant une trentaine d’années en aquaculture au Cégep de Saint-Félicien ainsi que Normand Roy, président de l’Association des aquaculteurs du Québec durant plusieurs années et propriétaire de la ferme piscicole Les Bobines à East Hereford.
Une première mission leur a permis de brosser un portrait de la situation et de monter un plan d’affaires.
Lors d’un deuxième séjour, MM Hansen et Roy ont visité les élevages et ont introduit l’utilisation de trousses d’analyse d’eau et des techniques de base d’échantillonnage des poissons. Ils ont également proposé des méthodes d’élevage efficaces et des outils de planification.
Par la suite, M. Sileye Diallo de Kassack Nord et M. Alhamdou Niang de Kassack Sud ont été accueillis à la ferme piscicole les Bobines qui produit et transforme la truite arc-en-ciel depuis plus de 40 ans. Durant six semaines, les deux stagiaires ont pu approfondir plusieurs notions importantes : respect des normes environnementales, classement des poissons, gestion de la qualité de l’eau, alimentation adaptée.
Les deux communautés ont terminé un cycle complet de production de tilapias, de l’éclosion à la récolte. Le potentiel d’élevage des poissons dans ce territoire est prometteur. Le travail effectué par les partenaires est très encourageant et aura un impact important dans cette région.
Amorcés en 2018, les premières études de faisabilité et le recrutement des équipes sur le terrain ont permis de commencer, à l’automne 2020, les plantations sur une superficie de 10 hectares; 20 autres hectares devraient être couverts d’ici 2022.
Ce projet met en lumière toute l’importance de miser sur l’action collective des organisations de producteurs pour favoriser le développement durable des communautés agricoles par le biais d’une utilisation durable du capital naturel.
Ainsi Carboneutre AYITI permettra la vente de crédits de carbone, l’amélioration de la vitalité financière des entreprises agricoles familiales et l’accès à des services collectifs pour les membres de l’UCOCAB.
Pour en savoir plus :
Visionnez la présentation du secrétaire général d’UPA DI, Hugo Beauregard-Langelier, faite le 24 avril dernier lors du déjeuner-conférence organisé par l’Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies (AQANU)-Granby, un des partenaires financiers du projet en 2020-2021.
Au cours des siècles derniers, le couvert forestier dont bénéficiait Haïti a considérablement diminué. Selon les données les plus récentes, il serait passé de 30 % de la superficie totale du pays en 1940, à 10 % en 1970. Au détour des années 2000, il aurait même frôlé les 2 % avec les conséquences que l’on sait maintenant : dégradation et appauvrissement des sols, érosion et multiplication des glissements de terrain. La principale cause de ce déboisement demeure l’utilisation du bois et du charbon pour satisfaire 72 % des besoins énergétiques du pays.
À travers un projet sénégalais, démarré à distance à l’automne 2020, UPA DI compte utiliser différentes stratégies pour renforcer les capacités des organisations locales partenaires à gérer elles-mêmes et de manière optimale, la santé de leurs sols et de leurs cultures. L’un des enjeux les plus préoccupants pour les familles concernées est la dégradation des sols cultivables, laquelle entraîne une diminution des revenus et menace la sécurité alimentaire.
Notre organisation fournira aux producteurs de l’information de pointe sur les techniques de restauration et de conservation des sols, sur la gestion de l’eau, sur les prévisions climatiques pour les cultures et les engrais organiques. Des résultats majeurs sont attendus :
― L’adoption de bonnes pratiques de gestion écologique des sols et des cultures qui prennent en compte les effets des changements climatiques;
― Un meilleur accès aux services-conseils en santé des sols offerts par les organisations professionnelles agricoles aux productrices et producteurs;
― L’augmentation des rendements et des volumes vendus par le biais du système de mise en marché collectif.
Les volumes additionnels permettront d’améliorer les conditions socioéconomiques des femmes et des jeunes, qui sont des acteurs clés, notamment, de la production rizicole, très vulnérable aux changements climatiques.
Il est plus que jamais nécessaire de réfléchir aux moyens de nourrir durablement l’humanité. Favoriser un accès économique, physique et social à une nourriture suffisante, durablement produite, saine, nutritive et culturellement adéquate est impératif. Cependant, plusieurs défis juridiques, notamment internationaux, doivent être surmontés pour y parvenir.
En phase avec le grand mouvement « Nourrir durablement l’humanité » lancé en mai 2021 par la Coalition pour l’exception agricole et alimentaire, UPA DI et la Chaire DDSA organiseront des formations (offertes d’abord aux acteurs du projet PASAFRED, puis possiblement étendues à d’autres secteurs) portant sur des leviers juridiques locaux, nationaux, régionaux et internationaux susceptibles de mener à des systèmes alimentaires durables.
Ces formations sont non seulement pertinentes, mais essentielles, en considérant particulièrement les problèmes toujours grandissants d’insécurité alimentaire, les impacts des changements climatiques, les impacts de la pandémie de la COVID-19 et les leçons que nous pouvons (et devons) en tirer, de même que la réforme des systèmes alimentaires impulsée par les Nations Unies et qui fera l’objet d’un Sommet mondial à l’automne 2021.
Alors que 40 % de la population active mondiale vit de l’agriculture, les agriculteurs sont les premiers remparts de la sécurité alimentaire et des systèmes alimentaires durables. Toutefois, ils sont aussi les premiers impactés par les changements climatiques et les systèmes alimentaires actuels. UPA DI et la Chaire DDSA ont uni leurs expertises afin de contribuer à fournir aux agriculteurs des outils concrets dans l’objectif qu’ils prennent une part encore plus active et importante à cette réflexion collective et urgente qu’est la transition vers des systèmes alimentaires durables.
Geneviève Parent, professeure titulaire, titulaire de la Chaire de recherche en droit sur la diversité et la sécurité alimentaires, Faculté de droit de l’Université Laval